DÉFINITION

L'otite chronique est divisée en 2 entités cliniques et physiopathologiques différentes. Il s'agit de l'otite chronique cholestéatomateuse et non cholestéatomateuse. On les distingue par la présence de débris épidermiques présent dans le cholestéatome. Ceux ci font toute la gravité de cette pathologie car ils sont sources de destructions osseuses et ossiculaires et donc de complications auditives voir de paralysie faciale ou de méningite. Il existe une inflammation de la muqueuse de l'oreille moyenne qui ne se résorbe pas sous traitement médical adapté. 

DIAGNOSTIC

L'otite chronique peut survenir à tout âge. Le cholestéatome représente 1/3 des otites chroniques. 

SIGNES FONCTIONNELS

Le principal motif de consultation est l'écoulement de l'oreille, souvent de mauvaise odeur (cholestéatome). La surdité peut également amener le patient à consulter. Les complications peuvent être révélatrice de la maladie : vertiges, paralysie faciale, méningite, abcès cérébrale, thrombophlèbite, fistulisation cutanée.

EXAMEN CLINIQUE

Il se pratique sous microscope et aspiration. Le diagnostic est confirmé par la présence d'une perforation tympanique avec ou sans squames epidemiques (cholestéatome). La muqueuse de l'oreille est le siège d'une inflammation importante. Il faudra rechercher d'emblée l'apparition de complications : signe de la fistule, surdité complète, syndrome méningé....

EXPLORATIONS FONCTIONELLES

L'audiogramme est l'examen de référence. Parfois l'audition peut être strictement normale. Il existe le plus souvent une surdité de transmission. Mais on peut voir également une surdité complète. Enfin il est indispensable dans le cadre d'un bilan préopératoire.

RADIOLOGIE

Scanner : il est devenu incontournable dans le bilan diagnostic et le bilan d'extension pour la stratégie chirurgicale. Il permet de rechercher des signes évocateurs de cholestéatome. La masse tissulaire des cavités de l'oreille moyenne se présente comme une opacité de densité homogène. Elle est souvent nodulaire ou polylobée. Ses contours sont typiquement convexes. Le caractère concave des contours évoque une otite chronique plus qu'un cholestéatome. La destruction osseuse est très évocatrice d'une otite cholestéatomateuse.

 

IRM : elle est indispensable en cas de complications : méningite, thrombophlèbite, lyse osseuse importante. Elle permet dans de rares cas de trancher en cas de doute au scanner sur un cholestéatome.
 

COMPLICATIONS

Elles sont le plus souvent secondaire à une otite cholestéatomateuse.

Destruction ossiculaire : les trois osselets peuvent être touchés. Il s'agit le plus souvent de l'atteinte de la branche descendante de l'enclume. Cette destruction est responsable d'une surdité de transmission . Parfois l'audtion est normale en cas d'effet columellaire de l'inflammation

Fistule labyrinthique : elle survient dans 5 a 10 % des cas des . Le canal latéral est le plus souvent touché. La scanner et l'IRM prennent toutes leurs importances dans le bilan préoperatoire.

Paralysie faciale : sa fréquence est évaluée à 1 à 2 % des otites cholestéatomateuses. Elle peut s'installer rapidement ou de manière plus progressive. Sa présence impose une chirurgie en urgence.

Labyrinthite : elle est évoquée quand il existe une surdité de perception voir une perte complète de l'audition. Son traitement est medicamenteux et chirurgicale.

MENINGOENCEPHALITE : Il s'agit de méningite, abcés du cérébral, empyème sous-dural et thrombophlèbite du sinus latéral. Toute complication neurologique chez un patient porteur d'une otite chronique doit faire évoquer une atteinte intracranienne et nécessite une imagerie en urgence. La présence d'une douleur de l'oreille ou des maux de tète doit faire évoquer une complication.

TRAITEMENT

Le traitement de l'otite chronique est le plus souvent chirurgical, notemment en cas de cholestéatome. L'objectif premier est d'éradiquer le processus infectieux ou le cholestéatome, puis de préserver l'audition et surtout d'éviter les récidives. Cette derniere reste le véritable problème surtout en cas de cholestéatome. 

Il existe 3 techniques chirurgicales : Tympanoplastie en technique fermée, cavité d'evidement, ou tympanoplastie en technique fermé avec comblement. Dans ces 3 cas on essaiera au mieux de pratiquer une ossiculoplastie afin de rétablir l'audition. 

RÉFÉRENCES  

Magnan J., Robier A., Sterkers O., Vaneecloo F.M. Les cholestéatomes de l'oreille moyenne Ann. Otolaryngol. Chir. Cervicofac. 2006 ;  123 : 65-70.

 

Lemaire B., Racy E., Lescanne E., Doyon D., Bobin S., Portier F. Complications méningo-encéphaliques des otites chroniques cholestéatomateuses Ann. Otolaryngol. Chir. Cervicofac. 2004;  121: 197-204.

De Corso E., Marchese M.R., Sergi B., Rigante M., Paludetti G. Role of ossiculoplasty in canal wall down tympanoplasty for middle-ear cholesteatoma: hearing results J. Laryngol. Otol. 2007;  121: 324-328.

Date de mise à jour : 04/11/2011

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